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Bâtimétiers N° 47 - 2017 | Autour du chantier

Quand le BIM devient un avantage commercial

PME bretonne de second oeuvre, Volutique a doté son bureau d'études de compétences BIM, dans un premier temps pour se démarquer techniquement de la concurrence lors des appels d'offres. La deuxième étape sera la mise à disposition de l'outil aux conducteurs de travaux, afin qu'ils puissent gérer tous leurs approvisionnements grâce à la maquette numérique.

Comment répondre à un appel d'offres quand le client exige des différents corps de métiers qu'ils travaillent tous en mode BIM (Building Information Modeling), c'est-à-dire en se partageant les informations d'une maquette numérique 3D afin de mieux se coordonner entre eux ? « Le cas s'est présenté à nous pour la première fois il y a un peu moins de trois ans, se souvient Hérick Quénard, le PDG de Volutique, une entreprise installée à Melesse, près de Rennes en Ille-et-Vilaine et qu'il a reprise en 2010. Spécialisée dans l'aménagement intérieur et les travaux d'isolation, cette PME d'une cinquantaine de salariés et réalisant environ 8 millions d'euros de chiffre d'affaires annuel, postulait pour deux lots du chantier de la deuxième ligne du métro de Rennes : le second œuvre complet du garage-atelier du matériel roulant, et la pose des plafonds et revêtements muraux de huit stations. « À l'époque, se souvient-il, travailler en mode BIM était encore très rare et nous n'avions pas la compétence requise. Nous avions donc le choix, soit de faire appel à un prestataire externe pour qu'il ajoute, sur la maquette numérique fournie par les architectes, les informations propres à nos métiers, soit de le faire nous-mêmes en acquérant notre propre savoir-faire. » 

 

Hérick Quénard choisit alors la seconde solution. « Nous sommes dans des métiers relativement banalisés, explique-t-il. Si nous voulons nous différencier de la concurrence autrement que par les prix, il nous faut être techniquement meilleurs. Cela nous permet de transformer cet avantage en atout commercial, en gagnant par exemple des chantiers plus compliqués. Surtout, dès ces premiers appels d'offres sur le métro de Rennes - que nous avons remportés -, j'étais persuadé que le BIM s'imposerait tôt ou tard dans le monde de la construction. Dans ces conditions, il nous fallait apprendre à utiliser cet outil par nous-mêmes. » Un des trois collaborateurs de son bureau d'études maîtrisant déjà totalement un logiciel de dessin assisté par ordinateur en 3D, Hérick Quénard l'envoie donc une semaine chez le même éditeur se familiariser avec un autre logiciel, ayant des points communs avec le premier mais spécialement conçu pour le BIM.

 

Montant de l'investissement ? « Entre le coût de la licence du logiciel, le prix du stage et le salaire du collaborateur pendant sa formation, il faut compter un ticket d'entrée de l'ordre de 10 000 euros », estime l'entrepreneur. Un ticket d'ores et déjà gagnant : il y a six mois, l'entreprise a remporté son troisième marché BIM, concernant le lot de faux-plafonds du centre de soins dentaires du CHU de Rennes. « L'entreprise de gros œuvre pour laquelle nous travaillions exigeait que son sous-traitant ait en interne la compétence BIM », explique Hérick Quénard. Cette compétence a été renforcée pour l'occasion par une semaine de formation complémentaire pour le technicien de Volutique qui avait suivi la première session.

 

Le dirigeant de l'entreprise compte-t-il envoyer en stage les deux autres collaborateurs de son bureau d'études ? « Pour le moment, je n'en ai pas besoin. Le BIM ne concerne encore que quelques gros chantiers, et ce sont souvent des commandes publiques alors que nous traitons 70 % de marchés privés. Mais quand le BIM se démocratisera, j'enverrai l'ensemble de l'équipe en formation. » En attendant, Hérick Quénard vient de fournir des tablettes à ses conducteurs de travaux. Elles leur permettront notamment, une fois chargés les logiciels adéquats, de consulter sur le chantier les plans issus de la maquette numérique.

 

Mais c'est l'étape suivante que le PDG de Volutique attend avec impatience, quand ces mêmes conducteurs de travaux pourront préparer leurs chantiers et passer les commandes d'approvisionnement en fournitures et matériaux (huisseries, poignées de portes, plafonds...), directement à partir des informations issues de la maquette numérique. Pour l'heure, constate-t-il, ce n'est pas encore possible, les industriels ne fournissant pas tous un fichier informatique de leurs objets au format BIM. Mais quand ils s'y seront mis, « nous pourrons gagner un temps précieux dans le pilotage d'un chantier ».

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